Le sarking consiste à poser l'isolant au-dessus de la charpente, en continu, avant la couverture. Dit comme ça, la différence avec une isolation classique paraît mince. Elle est en réalité considérable, et elle tient en un mot : continuité.
Dans une isolation posée entre chevrons, chaque pièce de bois interrompt l'isolant. Le bois isole environ trois fois moins bien qu'un isolant courant : chacun de ces chevrons devient donc une voie de fuite thermique. Multipliés sur toute la surface d'une toiture, ces ponts thermiques représentent une part non négligeable des déperditions — et se manifestent l'hiver par ces bandes plus froides qu'on devine au plafond, parfois soulignées par des traces de poussière.
Le sarking supprime le problème par construction. L'isolant passe au-dessus, sans interruption, du faîtage à l'égout.
La charpente reste apparente à l'intérieur. Pour qui a une belle charpente traditionnelle, c'est souvent l'argument décisif : on isole sans rien masquer et sans perdre un centimètre de volume.
Le confort d'été, surtout. Sous nos latitudes, c'est fréquemment plus sensible que le gain de chauffage. La masse de l'isolant en surtoiture retarde la pénétration de la chaleur, et des combles qui devenaient invivables en juillet redeviennent utilisables.
Il faut déposer la couverture. Ce qui rend le sarking pertinent en réfection — quand on ouvre déjà la toiture — et coûteux si l'on ouvre uniquement pour isoler. Nous le disons franchement : si votre couverture est saine pour quinze ans encore, l'isolation par l'intérieur sera plus raisonnable.